MISE EN UVRE D'UN SPECTROSCOPE
POUR L'ANALYSE DU SPECTRE D'UNE ETOILE
Lycée André Maurois,10 boulevard Cornuché 14800 DEAUVILLE.
Professeur : M. Marie (professeur de Physique-Chimie), président régional
de l'UDP.
M Cavaroz
Elèves : Guérin Benjamin, Pupin Hugo, Thiébaut Florent,
élèves de Terminale S.
Partenaires : Ets. ELDIM, spécialisée en optique (Hérouville
St Clair).
Mathieu Luet, collaborateur Ets. ELDIM, ingénieur sup-optique.
Bernard Chéron, professeur retraité de physique à l'université
de Caen.
René Cavaroz, membre de la Commission Soleil de la Société
Astronomique de France.
Présentation du sujet :
La spectroscopie stellaire est une science vieille de près de 200
ans qui consiste à analyser les radiations lumineuses émises
par les étoiles. Cette technique permet bon nombre de déterminations
et notamment dans le cas nous concernant, définir la composition chimique
des atmosphères stellaires. En effet, à chaque élément
chimique correspondent plusieurs longueurs d'ondes caractérisées
sous forme de raies d'absorption (raies noires) plus ou moins importantes
sur le spectre continu de l'étoile observée Ainsi, lors de l'analyse
du spectre d'une étoile, la présence d'une de ces raies permet
d'établir l'élément chimique correspondant par identification
des longueurs d'onde.
Par exemple, l'Hydrogène, élément essentiel des atmosphères
stellaires, est caractérisé par un spectre dont une des principales
raies, appelée Ha, a pour longueur d'onde ?=656.3 nm.
Projet :
Le but que nous nous sommes fixé a été de mettre en
uvre un spectroscope à partir d'un simple monochromateur datant
des années 1960, cédé par le laboratoire CIRIL (Caen)
et d'y associer une caméra CCD afin de traiter numériquement
les données.
L'élément principal du spectroscope est un réseau échelettes
plan qui disperse la lumière à analyser. Dans un premier temps,
nous avons déterminé son nombre de traits par unité de
longueur.
Nous avons ensuite assemblé les différents éléments
du dispositif (miroirs, réseau, caméra CCD, fente d'entrée)
et procédé aux réglages (alignement, focalisation). La
lumière collectée avec une petite lunette ou un télescope
est injectée dans le spectroscope au moyen d'un faisceau de fibres
optiques dont la face d'entrée est circulaire (Ø= 3 mm). La
face de sortie rectangulaire est diaphragmée et constitue la fente
d'entrée du spectroscope (largeur 0.1 mm, hauteur 10 mm°. Nous
avons aussi expérimenté une fibre optique unique de type silice/silicone,
de diamètre de cur 0.6 mm et dont la sortie est également
diaphragmée par une fente de largeur 0.1 mm.
La résolution du dispositif, imposée par la largeur de la fente
d'entrée est de 0.2 nm au voisinage de 600 nm et l'étendue spectrale
d'analyse imposée par la taille horizontale du capteur CCD est de 26
nm pour chaque acquisition. On peut choisir la longueur d'onde moyenne d'analyse
dans tout le domaine visible grâce à un palmer gradué
qui commande la rotation du réseau. L'étalonnage (relation entre
longueur d'onde moyenne et valeur du palmer) a été effectué
grâce à des raies de référence fournies par des
lampes à vapeur de mercure et de sodium.
Nous avons ainsi identifié dans le spectre solaire les raies de l'hydrogène,
du sodium, du magnésium et du nickel. Nous avons bien évidemment
retrouvé ces éléments sur le spectre de la lumière
diffusée par la Lune. (En phase de pleine Lune, le flux lumineux, comparé
au flux solaire direct, est réduit par un facteur voisin de 3000000).
Nous avons enfin tenté de retrouver certains de ces éléments
dans le spectre de l'étoile Sirius, en associant à notre spectroscope
un télescope MEADE LX90 (Ø= 20cm). Nous avons également
remplacé le faisceau de fibres par la fibre de 0.6mm, mieux adaptée
à des sources de faible dimension apparente. Comparé au flux
lunaire, le flux escompté est réduit par un facteur 1000. Malheureusement,
lors de l'expérience, les conditions climatiques n'ont permis aucune
acquisition exploitable. Néanmoins, nous pensons que la réalisation
d'un grand nombre d'acquisitions suivie d'un traitement numérique consistant
à sommer les différents spectres devrait permettre l'identification
des raies.
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Analyse spectrale de la lumière solaire diffusée par la lune
Le contexte
Dans le cadre des Olympiades de Physique 2003, un groupe d'élèves
du Lycée Maurois de Deauville (B. Guérin, H. Pupin, F. Thiébault),
encadrés par leur professeur de physique (J. Marie) a entrepris la
mise en uvre d'un spectroscope pour l'analyse de la lumière issue
des étoiles. Cette analyse fournit en effet des renseignements précieux
sur leurs caractéristiques (structure, âge, distance ..).. Le
travail a été effectué en collaboration avec la société
caennaise ELDIM dirigée par M. Leroux et spécialisée
dans le domaine de l'optique expérimentale. Les élèves
ont participé, dans les locaux de cette entreprise et à raison
d'une après-midi par semaine pendant 12 semaines, à la mise
en uvre et l'analyse du dispositif sous la direction de M. Luet, ingénieur.
Enfin, René Cavaroz et moi-même (Bernard Chéron) ont participé
également à cet encadrement.
Nous relatons ici les mesures réalisées dans la nuit du 22 au
23 janvier 2003 avec toute l'équipe réunie dans le jardin de
R. Cavaroz. Etaient également présents Jean Marzin, membre de
l'ASNORA et M. Caillaud de la station Météo-France de Carpiquet.
Le dispositif
Le cur du dispositif est un spectroscope à réseau de fabrication artisanale (réseau échelette 1800 traits/mm, ouverture f/6), prêté par le laboratoire de recherches caennais CIRIL (CEA, CNRS et Université). Il est couplé à une caméra CCD refroidie, construite et mise à disposition par la société ELDIM.. La caméra associée à un logiciel spécifique de commande permet des temps d'exposition de l'ordre de la minute.
Le plan du capteur de la caméra est placé dans le plan focal
image du miroir de sortie du spectroscope. La lumière collectée
avec une petite lunette ou un télescope est injectée
dans le spectroscope au moyen d'un faisceau de fibres optiques dont la face
d'entrée est circulaire (diamètre 3mm). La face de sortie rectangulaire
est diaphragmée et constitue la fente d'entrée du spectroscope
(largeur 0,1mm, hauteur 10mm). Une fibre optique unique de type silice/ silicone
de diamètre de cur 600mm a été également
expérimentée.
La résolution du dispositif, imposée par la largeur de la fente
d'entrée est de 0,2nm au voisinage de 600nm et l'étendue spectrale
d'analyse imposée par la taille du capteur est de 26nm. On peut fixer
la longueur d'onde moyenne dans tout le domaine visible grâce à
une commande de rotation du réseau.
Les mesures
L'enregistrement diurne de la lumière solaire directe ne présente
aucune difficulté compte tenu du flux lumineux disponible. Pour la
lumière diffusée en phase de pleine lune, le flux dans le domaine
visible est réduit par un facteur voisin de 3.106 (pour un albedo égal
à 7%). La figure 3 montre la coupe horizontale d'une image du spectre
lunaire obtenue avec un temps d'intégration de 60s. Sur la figure 3,
on a sommé les pixels d'une même colonne (500 lignes), ce qui
permet d'améliorer considérablement le rapport signal/bruit.